Après avoir erré longtemps dans la brousse, il atteint un village où se dresse une potence: "Dieu soit loué, me voilà en pays civilisé !"

- Jonathan Swift

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lundi 26 janvier 2015

Mess in the Chruch

 Votre serviteur avait écrit un article dans Le Figaro sur les femmes évêques dans l'Eglise anglicane, Ne nous soumets pas à la tradition.
Voici le dernier, Delivre-nous du Mâle.




Ce matin, lundi 26 janvier, l'Église anglicane d'Angleterre ordonne pour la première fois une femme évêque, Libby Lane, en la cathédrale de York.

Suite logique du vote du Synode anglican en juillet 2014, à une très forte majorité, cet événement tranche également le débat sur les femmes prêtres, qui dure depuis des décennies, malgré un vote synodal en faveur de leurs ordinations, en 1993. La féminisation du clergé anglican continue cependant de poser des problèmes de fond.

L'Église anglicane, qui se veut «partie intégrante de l'Église catholique» (universelle), creuse ainsi le fossé qui la sépare avec l'Église catholique romaine et les Églises orthodoxes, qui ne peuvent pas reconnaître les femmes prêtres et évêques. L'œcuménisme, la recherche de l'unité des chrétiens, bat de l'aile. Paradoxalement, ce sont les chrétiens les plus progressistes, d'ordinaire friands d'œcuménisme, qui sont responsables de cette situation.


Au sein de l'Église anglicane, le clergé féminin est soutenu par les évêques, mais divise profondément les prêtres et les fidèles, et notamment ceux qui appartiennent à la frange «anglo-catholique», proches des catholiques romain, et ceux qui sont «évangéliques», ancrés dans ce courant du protestantisme. Si les premiers sont déclinants, et tentés de se rallier au catholicisme, les seconds sont dynamiques et autonomes. Ils ne se gêneraient pas pour quitter l'Église et fonder leurs propres communautés, dans un futur proche.
Preuve que le clergé féminin pose encore problème, le prochain évêque anglican à être ordonné dans quelques jours, Philip North, un «anglo-catholique», a demandé à ce qu'aucun évêque ayant participé à l'ordination de Libby Lane ne lui impose les mains. De son côté, Richard Chartres, évêque de Londres, le plus puissant diocèse du Royaume-Uni, refuse toujours d'ordonner les prêtres femmes.

Enfin et surtout, la féminisation du clergé ne va pas ramener les Britanniques à l'église. La sécularisation du Royaume-Uni se poursuit, toujours plus agressive. Les anglicans ont cru pouvoir survivre en «s'adaptant à la société». Résultat, leurs fidèles conservateurs se sont détournés d'eux, ou se plaignent en interne, et le reste de la société, satisfaite que l'Êglise s'aligne sur elle, ne change pas. Au contraire, elle réclame toujours plus: les femmes évêques brièvement célébrées par les médias, ces derniers demandent aujourd'hui que l'Église anglicane bénisse le mariage gay, ce qu'elle refuse pour l'instant. (La suite ici

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