Après avoir erré longtemps dans la brousse, il atteint un village où se dresse une potence: "Dieu soit loué, me voilà en pays civilisé !"

- Jonathan Swift

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mardi 19 mai 2015

La Palestine, "l'ange de la paix" et le Vatican

En visite au Vatican samedi 16 mai pour la canonisation de deux religieuses palestiniennes, le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas aurait été qualifié par le Pape François « d’ange de la paix ». Ou plus précisément, le Saint-Père lui aurait dit : « Que l’ange de la paix détruise l’esprit mauvais de la guerre. J’ai pensé à vous : que vous puissiez être un ange de la paix ». Ce qui est une singulière différence. En tout cas, la formule est plus louangeuse que celle réservée habituellement au responsable palestinien par les médias israéliens, qui persistent à l’appeler « Abou Mazen », son nom de guerre à l’époque où l’Organisation de libération de la Palestine pratiquait le terrorisme.
Mahmoud Abbas, dont l’entourage a troqué la kalachnikov pour la mallette de billets, à travers le détournement de subventions onusiennes (« peace-business », comme on dit sur place) n’est certes pas un ange. Mais il a un puissant esprit mauvais qui se dresse en face de lui : les négociations parlementaires israéliennes (deux mois après les élections législatives) ont accouché d’un des gouvernements les plus à droite de l’histoire d’Israël. Benjamin Netanyahu conserve son poste de Premier ministre, et doit partager le gâteau, ou plutôt le hoummous, avec trois types de partenaires. Les ultra-orthodoxes sépharades du parti Shas, les centristes du parti Kulanu, et le Foyer Juif, un mouvement sioniste-religieux représentant les colons. Les premiers sont surtout motivés par la conservation des privilèges des Juifs religieux en Israël, et globalement hostiles aux Palestiniens. Les seconds s’adressent aux classes moyennes, plus intéressées par le niveau de vie que par les accords de paix. Quant au troisième, il est ouvertement opposé à toute pacification avec les Palestiniens. Son leader Naftali Bennett, nommé ministre de l’Education, a ainsi pu se vanter d’avoir « tué beaucoup d’Arabes », quand il était sous les drapeaux. Le gouvernement israélien est donc fort peu disposé à relancer les pourparlers avec les Palestiniens. Comme si ce n’était pas suffisamment clair, Netanyahu a confié le dossier des négociations au ministre de l’Intérieur Silvan Shalom, un « faucon » notoire.

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